« IA » ne désigne pas un outil unique.
Générer un texte, attribuer un score et répartir des tâches sont trois fonctions différentes, avec des risques différents.
Comprendre · Repères essentiels
Distinguer les systèmes, savoir comment un modèle de langage produit une réponse et lire ses performances sans leur faire dire plus qu’elles ne disent.
Dans The Arcadian or Pastoral State, Thomas Cole représente une société qui commence à organiser son environnement : agriculture, techniques, sciences et premières institutions apparaissent. L’œuvre accompagne ici l’idée qu’avant d’évaluer les effets d’une technologie, il faut d’abord comprendre le système qu’elle forme, ses composants et les règles qui l’organisent. Voir l’œuvre ↗
Générer un texte, attribuer un score et répartir des tâches sont trois fonctions différentes, avec des risques différents.
Il calcule des probabilités à partir du contexte ; il ne vérifie pas spontanément la vérité ni la conformité de sa réponse.
Le modèle compte, mais aussi la tâche, les données, les personnes, les règles de décision et l’organisation.
01 / Nommer le système
Le terme « IA » rassemble des systèmes qui ne produisent pas le même résultat. Pour comprendre un usage professionnel, commencez par identifier ce que l’outil fait réellement.
Elle crée ou transforme du texte, des images, du son ou du code à partir d’une consigne. Un assistant conversationnel fondé sur un LLM appartient à cette famille.
Elle estime une probabilité, attribue un score ou classe un cas à partir de données passées : risque de défaut, priorité d’un dossier, aide au diagnostic.
Elle répartit des tâches, fixe un ordre de traitement, mesure l’activité ou influence une décision de management. Elle peut intégrer ou non de l’IA générative.
02 / À l’intérieur d’un LLM
Un grand modèle de langage — ou LLM — est un réseau de neurones entraîné à prévoir la suite d’un texte. Il ne cherche pas une réponse toute faite dans une base de données : il la compose, unité après unité.
La consigne et les documents fournis sont découpés en petites unités : mots, morceaux de mots ou signes.
Chaque jeton est converti en une représentation numérique qui encode les régularités apprises pendant l’entraînement.
Le Transformer examine les relations entre les jetons pour déterminer quels éléments du contexte comptent le plus à cet instant.
Le modèle calcule une distribution de probabilités. Les réglages de génération influencent le choix et sa variabilité.
Le jeton choisi rejoint le contexte, puis le calcul recommence jusqu’à la fin de la réponse.
03 / Capacités et limites
Les capacités dépendent du modèle, de sa version, de la langue, des documents fournis, des outils auxquels il a accès et de la façon dont la tâche est formulée.
| Type de tâche | Ce que le modèle peut apporter | Ce qui ne peut pas être présumé |
|---|---|---|
| 01Lire et rédiger | Résumer, reformuler, traduire, extraire des informations, comparer des documents ou préparer un premier texte. | Exhaustivité, fidélité à la source, mise à jour des informations et adéquation au contexte professionnel. |
| 02Raisonner sur un problème | Décomposer une question, proposer des hypothèses, appliquer une procédure décrite et expliquer les étapes d’un calcul. | Justesse constante. Une explication convaincante peut accompagner une réponse fausse. |
| 03Écrire du code et traiter des données | Produire, expliquer ou corriger du code ; préparer une requête ou une analyse exploratoire. | Sécurité, robustesse et bon fonctionnement sur les cas non testés. L’exécution et les tests restent indispensables. |
| 04Utiliser des outils | Avec une application adaptée, rechercher sur le web, consulter une base documentaire, appeler un logiciel ou enchaîner plusieurs actions. | Qualité des sources, autorisation d’agir et maîtrise des conséquences. Les droits d’accès doivent être limités. |
| 05Traiter plusieurs médias | Selon le modèle : décrire une image, transcrire un son, analyser un document ou répondre à partir d’une vidéo. | Perception complète des détails, compréhension de la situation et respect des règles propres au métier. |
Réussir souvent une catégorie de tâches ne permet pas de prévoir chaque réponse. Il faut tester les erreurs qui comptent dans votre usage.
Le fournisseur peut modifier le modèle, ses réglages, ses filtres ou ses outils. Une évaluation utile mentionne la version et la date.
04 / Lire les benchmarks
Un benchmark mesure une performance sur un jeu de tâches, avec une consigne, une métrique et des conditions précises. Changez l’un de ces éléments et le classement peut changer.
Les pages ci-dessous sont maintenues par leurs auteurs. Elles permettent de consulter les derniers résultats disponibles sans figer ici un palmarès qui serait rapidement dépassé.
05 / Revenir au travail réel
Le benchmark décrit le comportement d’un modèle dans un test. Le déploiement doit aussi être évalué dans la tâche réelle, avec ses contraintes, ses responsabilités et ses effets sur les personnes.
On n’évalue pas seulement un modèle. On évalue le système de travail formé par l’outil, la tâche, les données, les personnes qui l’utilisent et les règles de l’organisation.
06 / Avant un usage professionnel
Ces questions évitent de partir du produit ou de sa réputation. Elles obligent à décrire l’usage concret et les moyens nécessaires pour le maîtriser.
Décrire la situation actuelle, le résultat attendu, les personnes concernées et les moments où une erreur aurait des conséquences importantes. « Gagner du temps » n’est pas une tâche.
Identifier les données personnelles, confidentielles ou couvertes par un secret ; vérifier le lieu de traitement, la durée de conservation et les usages prévus par le fournisseur.
Nommer la personne compétente, intégrer la relecture à la charge de travail et préciser les sources auxquelles elle pourra comparer la réponse.
Distinguer la proposition de l’outil, la décision humaine et la responsabilité de l’organisation. Prévoir un moyen de contester, corriger ou suspendre l’usage.
Choisir avant le test quelques indicateurs utiles : qualité, erreurs, temps de contrôle, charge, autonomie, compétences, entraide et difficultés signalées.
Pour aller plus loin
Une sélection courte, issue d’organismes publics ou de projets de recherche qui expliquent leur méthode. Le niveau et la langue sont indiqués.
Une définition courte pour poser le vocabulaire sans entrer dans les détails techniques.
CNIL ↗Sept vidéos courtes sur le fonctionnement, les forces, les limites, les consignes et l’usage d’outils.
Inria ↗Jetons, contexte, paramètres, attention, limites et adaptation des modèles.
Google for Developers ↗Bénéfices, résultats inexacts, données personnelles et premières précautions de déploiement.
CNIL ↗Cadre, ressources et profil consacré aux risques propres à l’IA générative.
NIST ↗Relier un protocole d’évaluation aux connaissances du métier et aux erreurs réellement importantes.
IA & Santé au Travail ↗Relier la compréhension des modèles, les risques, les usages en SPSTI, l’évaluation, la prévention et le droit.
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